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FEDERATION CGT SANTE ACTION SOCIALE
FEDERATION CGT DES ORGANISMES SOCIAUX
Déclaration liminaire CGT
à la Conférence salariale annuelle de mi-année 2010
Depuis des années, la CGT réclame que la conférence salariale soit un lieu d’échange et de
prise en compte des problématiques réelles et des enjeux du secteur. Une fois de plus, force
est de constater à quel point les salariés des branches associatives, au travers de leurs
Organisations Syndicales sont privés du droit à la négociation loyale et honnête ; sans
compter le déni le plus complet accordé aux O.S dans le secteur lucratif qui pour certains ne
laisse aucune place au dialogue social même en temps de conflit (Pour ex : Orpéa / Clinéa).
Plus rien ne se négocie qui n’ait reçu approbation, à priori des tutelles. De plus, certains
employeurs particulièrement zélés tentent même de revoir cette simple transposition à la
baisse. Ainsi, dans la CCNT 66, il a fallu plusieurs mois de négociations et toute la
détermination des organisations de salariés unies, pour que finalement un avenant reprenant
vos simples sujétions soit mis sur table le 1er Juin 2010.
Véritable déni de la négociation qui à lui seul est un véritable scandale alors que la
négociation est inscrite dans le code du travail et mis en exergue par le gouvernement lui-même.
Les salariés du secteur peuvent être considérés de ce point de vue comme des salariés de
non droit.
Au-delà du constat, il nous faut rappeler une fois de plus que les attentes sont nombreuses
pour les salariés en terme de rémunérations, de reconnaissance des qualifications,
d’augmentation générale et d’amélioration des conditions de travail.
La logique comptable continue à prévaloir alors que les enjeux forts en matière sociétale
restent sans réponses adaptées.
L’ajustement est de mise sur le dos des salariés. On ne peut rester dans la situation actuelle
au risque de ne plus du tout répondre aux besoins des usagers.
Les associations elles-mêmes font le même constat, certaines d’entre elles franchissent le
pas et le dénonce ouvertement.
v Insuffisance des budgets,
v Non respect des tutelles sur l’attribution des enveloppes allouées,
v Menace sur les emplois avec déjà des licenciements réalisés et bon nombre en
v cours,
v Non reconnaissance des qualifications, voire déqualification au regard des budgets alloués,
v Absence de politique salariale sérieuse,
v Hold-up systématique du pouvoir d’achat,
v Appauvrissement majeur de tous les salariés de ces secteurs,
v Émergence de salariés pauvres.
v Voilà le tableau noir que dresse la CGT, mais malheureusement réel de l’état des branches
v associatives et lucratives.
Les attaques sont multiples sur les garanties collectives, bien souvent orchestrées par vous-même et relayées avec efficience par des employeurs qui se disent porteurs de valeurs au
sein d’une économie sociale et solidaire.
1. CCN 66 :
Les syndicats employeurs FEGAPEI et SYNEAS n’ont rien compris. Ils ont été
mis en échec par la mobilisation des salariés depuis Janvier 2009 dans leur volonté de
détruire l’essentiel de cette convention. Ils ont dû alors négocier les classifications et
rémunérations dans le cadre d’une amélioration de la CCNT 66. Régulièrement, lors de
séances de la Commission Mixte Paritaire, ils ont tenté de réintroduire leurs projets... en
vain. Alors que lors de la séance du 13 juillet 2010, les négociations auraient du
déboucher logiquement sur un calendrier concernant les rémunérations, le travail sur les
classifications étant en voie d’achèvement, les employeurs ont joué le coup de force en
exigeant que ces négociations rentrent dans le cadre de l’article 3, « révision » de notre
CCNT et menaçant clairement d’une dénonciation si au bout du processus, ils
n’obtenaient pas, cette fois, satisfaction. L’ensemble des organisations de salariés a
souligné le caractère déloyal de cette posture qui rompt radicalement avec la dynamique
paritaire de la CMP. Pour la CGT, ce coup de force des employeurs de la CC 66 s’inscrit
dans l’offensive concertée de l’ensemble du patronat associatif des conventions
collectives de la branche, visant essentiellement à abaisser le coût du travail,
conformément aux exigences gouvernementales relayant elles-mêmes celles imposées
par l’Europe en matière de réduction des dépenses publiques. La CGT gage que cette
agression n’aura pas plus de succès auprès des salariés de la CC66 que celle de
décembre 2008.
C’est dans ce contexte, que les salariés de la CCN 51 ont appris que la
Fédération Patronale FEHAP voulait réviser la Convention Collective à budget constant,
la limitant au niveau du code du travail. Cette réflexion s’est déroulée, sans concertation
avec les O.S et ceci depuis le mois d’avril dernier. Ils n’ont tenu aucun compte des
arguments des partenaires sociaux et en particulier des arguments pertinents de la CGT,
pourtant plusieurs rencontres ont eu lieu avec la FEHAP lors des actions mises en place
par notre syndicat. Ils voudraient traiter cette « révision » dans un laps de temps
relativement réduit (Date butoir le 31/01/2011). Sous couvert de moyens financiers
insuffisants accordés par les tutelles et strictement encadrés, ils voudraient en faire
supporter les conséquences aux salariés, le mot « évolution sauce FEHAP» correspond
ici à une régression sans précédent des garanties collectives des salariés, réduisant la
charge salariale des établissements et donnant encore plus de pouvoir aux employeurs
(moins de contrainte pour licencier un salarié, plus de consultation des IRP pour les
licenciements économiques, et moins d’engagement à leur reclassement, attribution du
pourcentage d’ancienneté aux nouveaux embauchés, selon appréciation de
l’employeur, distribution d’une prime au mérite à certains salariés etc….
Les négociateurs, si on peut encore les dénommer ainsi, ne sont pas loin de
penser que certains salariés de la CRF sont en passe d’en devenir les usagers. Les
préoccupations salariales, les questions de pénibilité, de reconnaissance des
qualifications, sont récurrentes. Nous déplorons qu'à ce jour nous n'ayons aucune
proposition de l'employeur pour l'année 2010 d'augmentation de la valeur du point, seule
une perspective d'une "mesurette" pour les bas salaires qui ne peut être en opposition
avec une augmentation de la valeur du point. L'ensemble des organisations syndicales a
voté un droit d'alerte dénonçant des iniquités de traitement et notamment la distribution
de primes dans le secteur du management visant à compenser des emplois non
conventionnels. Nous sommes bien loi des valeurs de la Croix Rouge Française.
4. BAD :
Concernant la BAD nous refusons catégoriquement la signature de la révision de
la convention collective, car entendons bien qu'un 0 % d'augmentation de politique
salariale ne peut répondre aux attentes des salariés ; qui plus est quand les conditions
de travail ne cessent de se dégrader, ce qui implique une prise en charge de plus en plus
au rabais au regard des possibilités qui nous sont offertes d'assurer au mieux nos
métiers. Les financements de l'aide à domicile ne correspondent pas aux besoins, ce qui
induit de grandes inquiétudes, de plus en plus fortes quant à l'avenir des salariés de la
branche et des personnes prises en charge par les professionnels.
Au regard des nombreuses actions/grèves portant sur la
politique salariale notamment dans 35 cliniques privées durant ces deux derniers mois,
cela est à priori passé inaperçu aux yeux des directions du secteur marchand. La CGT
constate l'irresponsabilité du secteur privé lucratif face au déni de dialogue social dont il
fait preuve, pouvant aller jusqu'à la remise en cause du droit de grève dans certains
groupes. Sans compter les menaces et les différentes formes de pressions infligées aux
salariés et élus, la détérioration des conditions de travail de par la baisse continuelle de
la masse salariale, alors que ces mêmes groupes engrangent des bénéfices record
d'année en année. Comment les financeurs, la Sécurité Sociale et le Ministère de la
Santé peuvent ne pas porter une responsabilité et donc un regard attentif sur la
redistribution de l'argent public. Nous dénonçons un refus de négociation au niveau
national garantissant à minima une équité de traitement des salariés, la FHP privilégie
les négociations locales, en opposant ainsi les établissements excédentaires et
déficitaires, en opposant les groupements familiaux et les groupes financiers.
Nos propositions sont bien sûr portées par l’ensemble des salariés que nous représentons.
Assez de la paupérisation, assez des Conventions Collectives en dessous du SMIC alors
que les travailleurs sont en responsabilité majeurs sur des publics fragilisés.
Renvoyer également, dans le secteur sanitaire, la négociation dans l’entreprise alors que
tous les établissements de soins sont en déficit, ne permet pas la négociation et vous le
savez bien !
Une fois de plus, nos Fédérations CGT Santé Action Sociale et Organismes Sociaux
demandent impérativement que soit maintenu le caractère opposable des CCN aux
financeurs.
Par ailleurs nous sommes très interrogatifs sur le pilotage politique du secteur de l’action
sociale, nous attendons de votre part des éclaircissements quant au pilotage national et
local.
Nous demandons dès à présent :
v Le rattrapage immédiat de la perte du pouvoir d’achat estimée à 15 %,
v Une augmentation générale de 3 % pour 2010, afin de tenir compte des besoins élémentaires des salariés,
v La réelle prise en compte du GVT et des organisations de travail (indemnités Km),
v La revalorisation de tous les indices des champs CCN sur un minimum de 1 600 € nets.
Pour finir, pour notre secteur dans lequel les salariés sont fortement précarisés et très
féminisés, la réforme des retraites qu’envisage le gouvernement aura des conséquences
catastrophiques pour les personnels de nos secteurs. Alors que rien n’est réellement
proposé pour la reconnaissance de la pénibilité. C’est d’une autre réforme que nous avons
besoins et en la matière la CGT ne manque pas de propositions.
Paris, le 19 Juillet 2010